Rouler de Christian Oster
Il faut parler de ce livre aux éditions de l’Olivier (qui décidément font une belle rentrée) car il fait du bien au paysage littéraire français.

Road Novel comme on en fait peu en France, Rouler de Christian Oster est un court roman qui nous emporte sur de petites routes sinueuses et dans de petits villages du sud de la France, en compagnie de Jean, qui, on peut le dire, a fui Paris, et roule, roule et roule, direction le Sud, et sûrement Marseille, juste parce qu’il aime le mot.
Jean est un de ces personnage qu’on aime parce qu’il est un peu décalé, un peu mystérieux et infiniment attachant.
On le suit dans ses doutes, ses peurs, ses moments d’errance et d’ennui. Ses rencontres avec les autres sont à chaque fois chaotiques, lui n’étant pas prêt à céder à un échange, voulant rester à tout prix dans sa solitude et finalement, se trouvant obligé d’accepter la société qui rôde autour.
Loin d’être sombre, Rouler est empli d’une atmosphère indescriptible pleine de douceur, de calme et de silence. On est à la place de Jean, seul, fuyant sa vie, en croyant que la solitude nous fera du bien et finalement nous rendant compte ce qu’est l’ennui, sans les gens.
Un roman puissant, émouvant et bizarrement, très prenant!
Une sûrement meilleure critique ici.
Gaëlig.

bravo gaelig! cette critique est en tout point éclairante, et oui, l’olivier fait une trés belle rentrée 2011
a te lire.
jean paul Dubois
LE CAS SNEIJDER
Jean Paul Dubois publie un nouveau roman, en forme de farce tragicomique, ou la richesse du langage le dispute au comique clownesque des situations. Le héros, Paul Sneijder, est le seul rescapé d’un accident d’ascenseur ou il a vu mourir sa fille et d’autres passagers. Sorti du coma, il tente peu à peu de trouver un sens à la vie ; s’interroge sans fin sur la notion de causalité , passe ses nuits à déchiffrer des revues spécialisées sur les ascenseurs ,entre une épouse tyrannique, ambitieuse ,détestée, et deux fils , sorte de mini robots télécommandés et affairistes, qu’il renie avec une rage verbale et une ironie vengeresse qui véhicule un plaisir souverain . Un jour, il trouve une annonce proposant un emploi de promeneur de chiens pour des gens fortunés. La description de ce « métier », sorte de chute aussi dans l’échelle sociale au grand désespoir de l’épouse – et ce n’est d’ailleurs que le début d’une autre grande dégringolade dans le « non sense « -, est propice à de pittoresques portraits des propriétaires canins, tous aussi bizarres les uns que les autres, et à de merveilleuses pages sur la relation affectueuse qu’il peut y avoir entre un homme et son chien. Dubois passe au broyeur la mécanique intelligence des ambitieux, des assoiffés du pouvoir, et donne à ce personnage de Sneidjer, sorte de clown blanc lunaire, absent au monde, et dévoré par le deuil de sa fille, une épaisseur et une humanité qui prend aux tripes. Pas une fausse note, aucune graisse dans le style, une richesse de langue qui donne le tournis, Le Cas Sneijder est un de ces livres qui enfonce un pieu dans le cœur, sans souffrance, mais dans une allégresse contagieuse. Un livre soutenu du début à la fin ; et dirigé de main de maitre. Alors, Dubois loin devant les autres dans cette rentrée littéraire ? Ou loin devant tout court ? La question est posée. J’ai, depuis, la réponse.